Le cinéma marocain encourage le débat sur la femme du XXème siècle

[Estrella Sendra, 19 octubre 2012]

Les productions marocaines ne sont pas passées inaperçues pendant la IXème édition du Festival de cinéma africain de Cordoue. Le Maroc n’a pas seulement été présent sur les écrans des cinémas mais aussi dans des débats avec des réalisateurs et dans le FCAT Espacio Profesional (rencontres professionnelles).

La réalisatrice Uda Benyamina, qui a été à Cordoue pendant toute la semaine du festival, représente un exemple extraordinaire de l’échange entre l’Espagne et l’Afrique. Uda Benyamina a participé avec le court-métrage Sur la route du paradis, qui a déjà remporté les prix des festivals internationaux de Dubai 2011 (Dubai International Film Festival), de Tanger 2012 (Festival national du film de Tanger) et de Milan 2012 (Festivale di Cinema Africano, d’Asia e d’America Latina).

Elle a aussi présenté son projet de long-métrage La Bâtarde, dans un cadre de discussion avec plusieurs producteurs et réalisateurs africains et espagnols. Les spectateurs ont bien accueilli le film et la réalisatrice, lors d’un débat qui a mis l’accent sur le cinéma en tant qu’espace de représentation des problèmes des femmes, qui ne sont, d’après Benyamina, que « des problèmes humains ». Avec une direction d’acteurs impeccable, aussi bien le court-métrage que les deux nouveaux projets que la réalisatrice prépare présentent des protagonistes féminins qui n’accompagnent pas les hommes. À l’occasion du débat, le producteur du film, Marc-Benoit Créancier, partagea l’opinion des spectateurs : « En France il y avait un film qui a très bien marché et qui s’appelle Un homme sans femmes, je crois que ce qu’Uda fait c’est un monde sans hommes ». La réalisatrice a déclaré que la société a changé et que la femme n’est plus l’attribut de l’homme : « La féminité au XXème siècle s’est réinventée et je veux dire le XXème siècle est et sera « féminin au fait ».

D’autres titres à remarquer sont As they say it, de Hicham Ayouch, et www.What a Wonterful World, de Faouzi Bensaï. Pourtant, la présence du Maroc continue à se faire remarquer. Il faut souligner le travail présenté par Ahmed Boulane, un réalisateur qui est venu au Festival de cinéma africain pour la troisième fois, cette fois-ci pour présenter son projet de film La Isla. Ainsi, Ahmed Boulane a participé au festival en participant au FCAT Espacio Profesional très activement et dans une multitude d’activités parallèles du festival.  « Il s’agit d’un projet qui est né précisément ici, j’avais l’idée et quand je l’ai partagé avec Mane Cisneros, la directrice du festival, elle a insisté pour que je l’écrive. À ce moment là, elle m’a présenté à Carlos Domínguez, que j’ai connu au Burkina Faso, et voilà, on a décidé de l’écrire ensemble, avec Dana Schondelmeyer ».

De plus, le Jeudi 18 octobre, une trentaine d’élèves du lycée Severo Ochoa de Tanger ont été invités par le festival, comme c’est l’habitude dès sa célébration à Tarifa depuis la première édition, pour profitter aussi de ce festival jusqu’à la cérémonie de clôture.

À propos du FCAT Espacio Profesional (rencontres professionnelles):

FCAT Espacio Profesional est composé de deux éléments. Premièrement, le Forum de Co-production Africa Produce, qui atteint cette année sa 4ème édition en soutenant une industrie du film qui n’est plus émergente, mais tout au contraire qui est très consolidée. Il s’agit de favoriser l’établissement de réseaux solides qui favorisent la création et la distribution de ces produits culturels. C’est précisément ce dernier but ce qui constitue le deuxième élément de FCAT Espacio Profesional, un ensemble de conférences et de tables rondes autour des quatre sujets : le financement, la production, la distribution et l’exhibition.

Le 9ème Festival de Cinéma Africain de Cordoue – du 13 au 20 Octobre 2012

Après huit éditions à Tarifa, le festival s’est déplacé cette année à Cordoue. Pendant cette nouvelle étape le festival sera toujours fidèle au principe qui a fait de lui l’une des plus grandes références européennes concernant le cinéma africain: offrir aux cinématographies africaines une plateforme pour être accessible et au public et aux professionnels européens.

L’évènement est organisé par l’ONG espagnole Al Tarab avec le soutien, entre autres, de la Mairie de Cordoue, de la Junte d’Andalousie et de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID). Le festival projettera pendant une semaine 94 films d’Afrique ou sur l’Afrique provenant de 28 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, accompagnés d’activités pour professionnels, expositions et activités parallèles pour tout public.

 

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